CNFG

Comit National Fran ais de G ographie

- Discours du prix de thèse CNFG 2015

Monsieur le Maire,

Monsieur le Président fondateur du FIG,

Monsieur le président de l’ADFIG,

Madame la Directrice scientifique chère Béatrice Collignon et Monsieur le directeur scientifique, cher Philippe Chers collègues, chers amis

Mesdames, Messieurs,

Je tiens tout d’abord à vous demander d’excuser le président du CNFG (Comité National Français de Géographie), Richard Laganier, nommé en Guyane. Trois prix sont à l’honneur. Le prix de thèse du CNFG, doté de 1000 euros, ainsi que les deux accessits, dotés chacun de 500 euros, récompensent depuis 2003 des docteurs ayant soutenu leur thèse l’année précédant celle du Festival international de Géographie. Nous honorons donc aujourd’hui trois géographes de talent représentant une jeune génération, dont il faut ici souligner la qualité des travaux. Ils ont été soumis à une rude compétition fondée sur une procédure très sélective, qui commence au Conseil national des universités (CNU). Ce dernier sélectionne une dizaine de thèses (11 cette année), les meilleures, en veillant au respect de toutes les sensibilités et de toutes les approches. Ces thèses ont ensuite été classées par un jury de treize personnes (voir composition du jury).  La plupart des travaux dotés de prix sont ensuite publiés.

Ces récompenses émanent du CNFG, créé en 1920 à l’initiative de l'Académie des Sciences et qui représente la communauté géographique française auprès de l’Union Géographique Internationale (l’UGI). Le CNFG va organiser le centenaire des congrès de l’UGI en 2022 à Paris. C’est un honneur pour la géographie française. Le CNFG, pour la préparation et l’organisation de ce grand évènement s’appuie sur les autres associations de géographes français.

En tant que membre du Comité Français des Unions Scientifiques Internationales (le COFUSI) et du Conseil international des Sciences sociales (ICSU), le CNFG participe activement aux débats sur les grandes questions du XXIe siècle et il œuvre pour favoriser les démarches pluridisciplinaires. Cette réflexion et ces démarches ont besoin d’innovation, aussi est-il est impératif d’encourager les jeunes chercheurs. Les récompenses aujourd’hui décernées constituent l’une des multiples formes de cet encouragement.

À la qualité scientifique de chacune des thèses s’ajoute la confirmation d’une Géographie qui s’est emparée des grandes questions du monde actuel et cela même si les trois thèses choisies cette année ne portent que sur l’Europe. Elles ont pour objet central des acteurs qui aménagent, vivent l’espace et se le représentent. Elles montrent que la géographie est au cœur des enjeux sociétaux. Il faut aussi souligner que deux de ces trois thèses ont été menées sans financement. Cela démontre l’importance de préserver la possibilité de s’inscrire en thèse pour des candidats motivés et qui ont l’ambition de mener une recherche doctorale originale.

Le premier prix est attribué à Servane Gueben-Venière pour une thèse intitulée : « Vers une gestion renouvelée du littoral nord-ouest européen : des ingénieurs néerlandais, anglais et français de plus en plus verts ? » sous la direction de Lydie Goeldner-Gianelle (Université deParis I) est novatrice car elle entre par une catégorie d’acteurs, les ingénieurs, tout en étant toujours au service d’une problématique géographique. Je n’en dirai pas plus sur sa thèse car Servane Gueben-Venière va faire une conférence en début d’après-midi ; je vous engage tous à venir l’écouter tout à l’heure.

Les deux accessits ont été attribué à :

- Lucie Bony pour une thèse intitulée « De la prison, peut-on voir la ville ? Continuum carcéral et socialisation résidentielle », sous la direction de Jean-Pierre Levy, Université Paris-Nanterre. Il s’agit d’une thèse à caractère ethno-géographique, portant sur un microespace, mais qui donne à voir et à réfléchir sur la société française. La thèse remet à plat des idées inconsciemment reçues et pose une question sociale de grande importance sur une partie des « classes populaires ». Le tableau qui est ainsi brossé de la population carcérale ne peut laisser indifférent.

- Sylvain Cuyala pour une thèse d’épistémologie de la géographie intitulée : « Analyse spatiotemporelle d’un mouvement scientifique. L’exemple de la géographie théorique et quantitative francophone », thèse dirigée par Marie-Claire Robic et Denise Pumain et soutenue à l’Université de Paris I. cette thèse dont la méthode associe avec bonheur analyse bibliométrique et entretiens avec les acteurs de cette histoire, compte pour la mémoire de la géographie. Elle offre un retour réflexif d’un intérêt crucial sur un courant majeur de l’histoire contemporaine de la discipline.

Au nom du CNFG, je félicite les lauréats 2015. Tous les trois, ont su démontrer que la démarche, la méthode et les outils de la géographie permettaient de faire progresser la connaissance et, surtout, de donner du sens à leurs observations de terrain tout en faisant preuve d’humilité. Je souhaite une longue carrière à tous les trois et un poste qui leur permette de participer pleinement au devenir de la géographie. Je suis particulièrement heureuse que tous les lauréats aient pu être présents cette année.

Discours en version pdf

 

Claire Delfosse,

Secrétaire Général du CNFG