CNFG

Comit National Fran ais de G ographie

- Discours du président lors de la remise du prix de thèse 2013

Discours de Richard LAGANIER, président du CNFG, lors de la remise du Prix de thèse 2013 au FIG.

Monsieur le ministre, Monsieur le maire, président fondateur du FIG, cher Christian Pierret

Monsieur le président de l’ADFIG, cher Louis Marrou

Monsieur notre grand témoin,

Chers collègues, chers amis

Mesdames, Messieurs,

Le Comité National Français de Géographie récompensent depuis 11 ans déjà de jeunes docteurs ayant soutenu leur thèse l’année qui précédent celle du Festival international de Géographie. 3 prix sont à l’honneur cette année.

Ces récompenses émanent du CNFG, créé en 1920 à l’initiative de l'Académie des Sciences, comité qui représente la communauté géographique française auprès de l’Union Géographique Internationale (l’UGI). A ce propos, permettez-moi de saluer Dieter Soyez qui est parmi nous et qui a contribué au grand succès du 32ème Congrès international, organisé à Cologne du 26 au 30 août 2012 et où les jeunes chercheurs ont eu une place privilégiée. Permettez-moi également de saluer, et surtout de féliciter, la délégation chinoise, Pékin ayant été choisie pour organiser le prochain Congrès international de géographie de l’UGI en 2016. Ce sera une nouvelle occasion d’échanger sur nos visions du monde, sur ce qui nous ressemble ou nous différencie dans la façon d’être au monde et de l’habiter.

En tant que membre du Comité Français des Unions Scientifiques Internationales (le COFUSI) et du Conseil international des Sciences sociales, le CNFG participe activement aux débats sur les grandes questions et défis du XXIème siècle. Il contribue aussi au développement de démarches pluridisciplinaires qui favorisent l’émergence d’analyses croisées sur des objets scientifiques (mais aussi sensibles) de plus en plus complexes. Cette réflexion et ces démarches ont besoin d’innovation et de souffle prospectif. C’est pourquoi il est impératif d’encourager les jeunes chercheurs, les récompenses aujourd’hui décernées étant l’une des multiples formes de cet encouragement.

Nous honorons aujourd’hui trois jeunes géographes de talent dont les travaux ont été soumis à une rude compétition fondée sur une procédure très sélective, qui commence au Conseil national des universités, lequel a sélectionné les 14 meilleures thèses de l’année en veillant au respect de toutes les sensibilités et de toutes les approches. Ces thèses sont ensuite classées par un jury. C’est dire que la compétition est très difficile, la plupart des travaux dotés de prix étant ensuite publiés.

À la qualité scientifique de chacune des thèses s’ajoute la confirmation d’une Géographie qui s’est emparée des grandes questions du monde actuel, qui concourt à leur compréhension de manière originale, avec les spécificités que confère une démarche intégrée, ayant pris depuis longtemps ses distances avec le naturalisme et le déterminisme, qui s’est ouverte depuis longtemps aux sociétés « autres » et qui contribue, avec d’autres disciplines, à appréhender le monde différemment.

Les trois thèses récompensées cette année en sont une belle illustration.

Le premier prix de thèse, attribué à Yoann MIOT consacre une recherche intitulée « Face à la décroissance urbaine, l'attractivité résidentielle ? Le cas des villes de tradition industrielle de Mulhouse, Roubaix, Saint-Etienne) ». Cette thèse, entre géographie, aménagement et urbanisme éclaire incontestablement un « trou noir » de la recherche en études urbaines : celui des villes en déclin.

Le second prix est décernée à Elsa VIEILLARD-BARON pour sa thèse « La jungle entre nature et culture, un imaginaire spatial de l'anti-monde ». Ce prix récompense l'originalité, la prise de risque, le regard critique (et autocritique), l'esprit analytique de sources littéraires et visuelles autant de qualité qui caractérise cette recherche en géographie culturelle et des représentations de la nature.

Quant au troisième prix, attribué à Lucie DE JOUHANET, c’est la transdisciplinarité qui est à l’honneur. « Unclear occupation. La filière des plantes ayurvédiques : paradoxes et limites de la gestion publique des ressources forestières au Kérala », un titre de thèse qui résumé à lui seul l’originalité et la complexité d’une recherche sur les plantes médicinales qui a mobilisé méthodes et concepts des sciences sociales, de l’écologie et de la géomatique.

Au nom du CNFG, je félicite les lauréats 2013. Vous avez su, tous les trois, démontrer que la démarche, la méthode et les outils de la Géographie permettaient de faire progresser la connaissance et, surtout, de donner du sens à vos minutieuses observations de terrain tout en faisant preuve d’humilité.

Je vous remercie de l’avoir aussi brillamment illustrée.